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Propos d’un jupiterrien

 

Imaginons un jupiterrien, cet habitant d’une contrée si éloignée et si proche en même temps, imaginons son regard sur notre monde...

 

Les terriens, songe-t-il, sont des personnages étranges qui parlent, parlent, parlent de tout, de rien, de communication et pourtant, ils semblent si peu communiquer !

Et même chez certains qui emploient un vocabulaire technique, utilisant les mots, carte, territoire, présupposés, qu’en est-il vraiment ? Communiquent-ils seulement au travers de cadres spécifiques, appelés accompagnements, dans lesquels effectivement, peut se faire une rencontre entre deux cartes différentes et où peut se découvrir, s’approfondir un modèle du monde particulier, celui de l’accompagné ?

 

Et notre jupiterrien continue à penser et à faire des hypothèses.

Ces présupposés qui semblent la base de ce type de communication, tant ils sont importants, ne signifient-ils pas tout simplement qu’à la source de ces idées existe un constat, un méta-présupposé, dirait-on dans ce jargon, à savoir que ces pauvres terriens ne savent pas communiquer : rivés à la terre par cette attraction particulière de la planète, ils se croient encore le centre du monde, pis même, de l’univers ; ils ne peuvent concevoir que d’autres mondes différents d’eux existent : comment ! les autres ne voient pas, n’écoutent, ne sentent pas comme moi ! Inadmissible, inconcevable !

Comment alors peuvent-ils s’entendre quand ils ne s’écoutent pas ?

Comment peuvent-ils se voir quand ils ne se regardent pas ?

Et quand ils ne peuvent pas se sentir...

Mais alors, vraiment, quand communiquent-ils vraiment ?

Et s’ils parlent autant de communiquer, s’ils développent autant de moyens divers pour le faire, n’est-ce pas parce qu’ils ignorent l’essence de ce mot ?

 

Ces réflexions désabusées donnent envie à notre jupiterrien de quitter cette planète qui semble ne rien entendre, ne rien comprendre et ses habitants qui ont tant de difficultés à communiquer, qui doivent inventer toujours de nouvelles méthodes pour se comprendre et donner des sens au monde.

  

Et il se prend soudain à rêver : si ces présupposés qui semblent si importants pour certains d’entre eux qu’ils les appellent même des prédictions créatrices, pouvaient créer un monde nouveau, différent, si les terriens regardaient, écoutaient, sentaient, pensaient autrement leur vie quotidienne, si les lettres de vie devenaient actions, que deviendrait cette planète ?

 

Notre jupiterrien, dans sa sagesse haute, profonde, inspirée, sait bien qu’alors d’autres vents naîtraient, des musiques nouvelles ouvriraient le regard et les oreilles, des saveurs danseraient d’autres messages, des souffles d’ailleurs porteraient des parfums étranges... 

 

D.CLERE        01-12-2003


 

espace propre : UN nouveau modèle

ou

Comment être dedans-dehors pour inclure, transcender, transformer.

 

Habiter son espace, c’est donc le parcourir, s’y mouvoir, l’investir personnellement et activement pour le tisser avec des fils rénovés.

F. Roustang, La fin de la plainte

 Issu de la modélisation des travaux récents de David Grove par Penny Tompkins et James Lawley, le modèle Clean space propose une méthode pour découvrir ses cartes du monde de manière légère et créative.

Ce travail continue l’exploration et le développement des paysages métaphoriques à l’oeuvre dans la modélisation symbolique.

 Clean space, propre espace, espace propre, c’est l’espace personnel, spécifique à un individu, conforme à sa carte et situé dans un espace matériel concret.

L’accompagnement est un exercice spatial qui utilise les notions de position perceptuelle, de changement de point de vue et qui joue sur le paradoxe d’être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du système.

 A la source

 Ce qui est présupposé, c’est le lien au monde : l’information est disponible dans l’espace, celui de l’individu, du système et de l’interaction avec l’environnement ; la personne connaît les informations utiles pour son développement, elle est à même de les recueillir ; l’être humain appartient à un système plus grand avec lequel il est relié.

 Le déroulement de l’exercice.

 Trois moments sont importants : choisir des espaces, les explorer, les nommer.

 Choisir des espaces

La personne se positionne dans l’espace, plaçant aussi à la place qui lui convient un papier sur lequel est inscrit son objectif ; elle va ensuite choisir, déterminer divers espaces dans le lieu.

 Explorer les lieux

Puis, le sujet se déplace, circule d’un endroit à l’autre.

La procédure, des questions d’accompagnement simples, légères, se répète plusieurs fois dans le temps et vise à ce que la personne retrouve des connaissances particulières par rapport à un objectif déterminé, qu’elle explore ses savoirs et les incarne dans son corps, dans l’ici et maintenant.

 Nommer les espaces

Chaque espace est nommé : de ce fait, le complexe devient simple et le nom agit comme révélateur qui condense toutes les informations recueillies dans l’espace : les éléments découverts sont reliés par des réseaux de relations spécifiques et les noms donnés servent aussi de symboles.

 Un bref exemple

De cet espace, « point de départ », je peux voir mon objectif, il est proche, tangible.

De cet autre, « la fuite », je ne le vois plus et quand je ne le vois plus, je me sens comme un orphelin, mon coeur se rétrécit. Dans cet autre endroit, « sérénité des plantes », je me sens calme et serein, prêt à exprimer ce que je ressens et qui m’étouffait dans l’endroit près du mur, « la prison ».

Et quand je regarde l’ensemble, je vois que j’ai suivi des lignes courbes, celles de ces plantes, qui m’ont servi à être souple.

Pour aller vers mon objectif, il me suffit de rester fidèle à ce que j’ai découvert dans l’espace à côté de la fenêtre, « air du large»...

 En aval : perspectives du modèle

 L’intérêt de ce travail est multiple.

 Par la multiplicité des points de vue s’effectue toute une découverte de la carte : il devient possible de percevoir le système, sa cohérence et d’obtenir des informations nouvelles, de se les réapproprier pour les réorganiser.

 Peu à peu, l’information prend forme, comme une construction qui s’élabore au fur et à mesure de l’accompagnement.

Se dessine alors toute une cartographie spécifique, propre à la personne, à son modèle du monde, dans la situation donnée et cette cartographie vaut aussi pour l’ensemble du système.

Une suggestion pour que se révèle le tracé directeur du système : après le travail, dessiner et relier les points correspondant aux espaces par des lignes donne une forme géométrique particulière.

 L’environnement devient partie prenante du travail car il est incorporé dans le paysage métaphorique : des lignes de sens s’établissent, les objets deviennent des symboles avec leur sens propre et ils appartiennent au système découvert.

 Les injonctions données durant l’accompagnement « Trouve un endroit qui connaît quelque chose à propos de l’objectif... » sont l’opposé des injonctions paradoxales qui créent les schémas de doubles contraintes ; elles vont dans le sens de la croissance et agissent de manière libératrice.

Il est alors possible de transcender les systèmes de contraintes et d’inclure leurs divers éléments pour créer un nouveau paysage

Le modèle de l’Espace propre devient une réponse aux schémas contraignants .

 Le travail spatial, par les déplacements d’un espace à l’autre, permet de mettre à plat les diverses composantes de la carte de l’individu,de les séparer concrètement pour les visiter : en même temps, il devient possible de les réunir, les inclure dans un système qui possède sa logique spécifique et qui est en lien avec un système plus large : simple et complexe architecture créée par la mise en relation des espaces, leurs résonances et les ponts que l’ingénieur de génie a su bâtir, utilisant tous les composants à sa disposition dans une créativité originale !

 Dominique Clère Avril 2003


Laissons parler la Terre.

 Il y a des jours où nous sommes désorientés, où ça ne tourne pas rond, où nous sommes perdus, où nous sommes dans une impasse...

Prenons une boussole, elle indique le nord, continuons notre chemin vers le nord jusqu'au pôle nord, à ce moment l'aiguille de la boussole n'indique plus le nord. Elle n'est plus efficace, elle ne bouge plus.

Au niveau psychologique, que se passe-t-il ? Nous sommes dans une polarité.

 Retournons au pôle nord, nous avons choisi de partir dans une autre direction, nous croyons avoir une multitude de choix, en fait, nous n'avons qu'une seule direction possible, le sud.

Au niveau psychologique, que se passe-t-il ? Nous allons vers l'autre polarité.

C'est le jeu du tout ou rien, du blanc ou du noir, du chaud ou du froid...

 Il est intéressant de noter que la boussole est efficace entre le pôle nord et le pôle sud. Entre les deux pôles, elle permet en effet de choisir la direction voulue; nous avons accès aux quatre points cardinaux et à tous les intermédiaires.

Il y a des jours où nous sommes désorientés, où ça ne tourne pas rond, où nous sommes perdus, où nous sommes dans une impasse...

Retournons au pôle nord le 21 décembre, il fait nuit, le soleil ne se lève pas, nous sommes sur  l'axe de la terre, nous faisons du surplace, nous tournons sur nous-mêmes.

Au niveau psychologique, que se passe-t-il ? Nous sommes dans la partie sombre de notre identité.

 Quittons le pôle nord pour aller vers le pôle sud, au même moment il fait jour, le soleil ne se lève ni ne se couche à l'horizon, nous faisons du surplace, nous tournons sur nous-mêmes.

Au niveau psychologique, que se passe-t-il ? Nous sommes dans la partie lumineuse de notre identité.

 Allons vers l'équateur, le jour et la nuit se succèdent, nous tournons à grande vitesse autour de l'axe de la terre.

Au niveau psychologique, que se passe-t-il ? Nous sommes en équilibre entre nos deux polarités, nous entrons dans le paradoxe de la vie, nous avons une vision globale de la situation..

 

A l'équateur de notre vie, ayant intégré nos deux polarités, laissons-nous porter par notre danse cosmique autour de notre axe.

 Si la Terre pouvait parler que nous dirait-elle?

 "Chaude et froide au même moment, dans la lumière du jour et l'obscurité de la nuit à chaque instant, calme et emportée, humide et sèche... d'une humeur météorologique imprévisible, je tourne rond avec la précision d'une horloge, c'est pour cela que je suis si attirante."

 

                                                                                   Rémo Giacomin


 

Histoires de vie, histoire de sourire, histoire de s’ouvrir... | HAUT |

Histoire 1

 Sang-Tête, qui s’occupait très souvent de ses têtes, s’entêtait : en effet, ses cent têtes qu’il devait tenir très haut lui donnaient bien du fil à retordre et sans doute, aimait-il beaucoup tordre et détordre les fils qui l’unissaient à toutes les têtes de son sang et de ses ancêtres.

 Un jour, il s’aperçut qu’il ne savait plus comment retrouver le fil de ses pensées ! Et comment panser la pensée si ce n’est dans une panse ?

 Il se mit alors à tisser d’autres chaînes de mots sur son métier et c’est ainsi qu’il devint Sans Tête et qu’il découvrit qu’il avait enfin retrouvé ses Esprits. 

 

Histoire 2

 Jamais Content adorait se plaindre : rien n’allait, tout était de travers, les autres étaient trop... ou pas assez..., et la vie qu’il vivait, c’était toujours pareil.

Et plus il plaignait, plus il trouvait de sujets pour se plaindre et plus il se complaisait dans ses lamentations : car, au fond, ce qui lui plaisait, ce qui lui donnait entière satisfaction, c’était de se plaindre.

Ainsi, jamais, au grand jamais, le monde ne changerait : car, si les choses se transformaient, comment pourrait-il tenir si intensément à ce qui n’allait pas ? Où s’accrocher désormais ?

Ce qui le satisfaisait, c’était de paraître insatisfait. 

Et quelle révolution le jour où il découvrira qu’il peut se plaire sans se plaindre !

Alors, il pourra tourner et retourner en ayant trouvé son axe, vivre en acceptant ce qui vient, être dans son temps, content et prêt pour les grands changements. 

Dominique Clère Juin 2002

 

suite

Histoire 3

 Centretout adorait se montrer, être le centre du monde, le centre de tout : il se mettait toujours au premier plan pour être vu, reconnu, admiré.

En réalité il ne pouvait vivre dans son propre espace et même, il le fuyait, le sentant comme un rien, un vide inexistant : son temps lui était insupportable et il ne cessait de se déplacer, d’aller à l’extérieur pour occuper d’autres territoires.

 Un jour, il décida de se retourner et quelle surprise ! Il découvrit qu’il pouvait habiter un espace dont il était le centre et trouver un sens en se centrant tout à l’intérieur ; de plus, se tenir ainsi en soi-même lui permit de découvrir d’autres centres, d’autres espaces, d’autres mondes...

 

Histoire 4

 Sansplaisir travaille beaucoup ou il ne fait rien, peu importe : ce qui compte, ce n’est pas ce qu’il gagne mais ce qu’il perd : il voit d’abord l’ennui et néglige l’intérêt : il s’économise par souci de garder. Il préfère tout garder plutôt que de donner.

 Mais que garder dans un monde où tout évolue et se transforme ?

Et si ces mots de perdre, de garder n’avaient pas de sens ?

Mais de quel perdre ou garder s’agit-il ?

Garder l’ennui de peur de perdre la vie ?

Garder la vie de peur de trouver la fin, la fin ...de la vie ?

Questions auxquelles ne peut répondre Sansplaisir, tout occupé qu’il est à préférer l’ennui.

 Et si Sansplaisir était satisfait et se transformait en Centplaisirs, histoire de compter sur des cents nouveaux, pour des sens différents qui iraient à la recherche de ce pour quoi ils sont faits ; et si ce plaisir était un capital qui ne peut que fructifier, un capital qui le conduirait à vivre les richesses et les ressources d’une vie complète où l’ennui se tisse avec le plaisir, la vie avec la mort dans un mouvement d’exquis abandon et de don renouvelé...

  D.Clère 2002

 


l’accompagnement en modélisation symbolique : Un voyage... | HAUT |

 L’accompagnement en modélisation symbolique est semblable à un voyage à travers des paysages métaphoriques, un voyage éclairé par des phares qui ont nom Exploration et découvertes, Mouvement et évolution, Richesse et puissance... 

Exploration et découvertes

Guide et client découvrent au fur et à mesure que se déroule le fil des questions, des symboles qui apparaissent, se placent, s’organisent en un paysage qui se construit dans l’instant et d’où jaillissent surprise et logique. 

Surprise devant ce qui naît : ce qui faisait mal dans la gorge, c’est comme un scorpion.

Les questions sont les clefs qui ouvrent les portes de ce monde métaphorique et permettent de définir attributs et localisation des symboles : sous l’impulsion d’une question, un mot prend forme, taille, couleur, il habite un espace précis. 

Logique de la structure du paysage dont certains éléments se répètent sous des formes différentes, telles des variations sur un même thème : la répétition des schémas est alors comme un panneau indicateur, un clignotant pour attirer l’attention, inviter au changement, à la découverte de nouvelles ressources.

Mouvements et évolution

Mouvements et évolution permettent aux symboles de se développer et de se transformer.

 Au fur et à mesure, le paysage s’enrichit de nouveaux symboles, montrant l’état du système ; d’autres attendent de révéler des ressources, jusqu’au moment où un nouveau sens apparaîtra : ce scorpion qui pique était en fait le gardien du coeur. 

Les symboles changent de forme : la boîte carrée semblable à une prison devient une forme légère et souple qui change de forme avec la respiration.

L’objectif évolue au fil du temps, à l’intérieur d’une session : être bien devient respirer, puis s’exprimer.

Peu à peu s’approfondit et s’affine le processus généré par les questions. 

Le changement matériel est l’image d’autres changements. La forme, la taille, les couleurs des dessins et leur organisation varient : le tout petit dessin, en noir, dans un coin, devient autre, coloré, occupant tout l’espace de la page.

Des dessins séparés sur des feuilles distinctes se retrouvent collés, formant une histoire, une bande dessinée, comme une marque du lien construit par la personne entre tous ces dessins, parties différentes de sa propre vie.

 Richesse et puissance

Richesse et puissance des symboles qui agissent en relation les uns avec les autres : le paysage est alors un tissu de rencontres dans lequel chaque élément prend place et joue un rôle particulier : la clef donnée par le sage pourra ouvrir la porte du jardin ; le soleil peut aller apporter sa lumière dans le tunnel sombre pour l’éclairer et qui sait ce que va devenir la bête effrayée, si la chaleur l’atteint...

 Le symbole peut alors dépasser la représentation matérielle du dessin et diffuser dans la vie quotidienne : un soleil jaune qui s’agrandit sur le papier et la personne s’achète un vêtement orangé, comme si la force du symbole s’incarnait dans sa vie, ses objets...

Ce qui est dit, montré dans le dessin est une des facettes d’un diamant, reliée à d’autres facettes : l’espace de la clairière renvoie à la pièce vitrée, pleine de lumière, au soleil lumineux, à la place face au soleil.

La connexion des symboles crée des lignes de résonance, le mouvement des ondes se propage bien au-delà du point de contact.

 Ainsi se met en place un contact avec un monde qui englobe la personne et se développe au-delà. Voyager et explorer le coeur des symboles, c’est accéder à un univers de vie en mouvement, en relation avec le mystère de la transformation.

 Originalité de l’accompagnement

 L’originalité de ces voyages est de mettre en oeuvre, en acte, la notion même d’évolution : les questions spécifiques font porter l’attention sur ce qui est souhaité, les changements désirés ; les réponses sont développées et ancrent les effets des changements.

L’essence de l’accompagnement réside dans l’utilisation subtile du symbole dans sa dimension étymologique de réunion, de signe de reconnaissance.

 L’accompagnement concerne ainsi plusieurs niveaux en simultané.

Il s’agit d’une interaction qui permet de

 v     Proposer un guide aux formes mouvantes de l’inconscient et du conscient pour qu’elles s’incarnent dans un paysage métaphorique.

 v     Poser des questions aux symboles dans la fluidité et l’élégance pour développer le paysage qui dévoile ses informations, son organisation et manifeste ses ressources.

 v     Tisser le désir de changer avec les résultats concrets des changements, de les rendre présents dans l’ici et maintenant du paysage.

 v     Créer des voies d’accès direct et indirect aux contrées particulières de l’identité.

 v     Donner vie aux forces créatrices qui ont fait naître le paysage et le modèlent, dans une dynamique d’inclusion, d’évolution et de vie...

Dominique Clère Juillet 2002


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